Une perte de cheveux se traite rarement par un seul geste. Elle demande d'abord d'en comprendre la cause, puis de suivre une progression : examen, traitement médical, et greffe seulement lorsqu'elle est indiquée. Le Dr Alexandra Huart reçoit à Horbourg-Wihr, aux portes de Colmar.
Le bilan sert à distinguer une alopécie androgénétique — la plus fréquente, d'évolution progressive et de topographie caractéristique — d'une chute réactionnelle, d'une carence, d'un trouble thyroïdien ou d'une cause inflammatoire du cuir chevelu.
Cette distinction commande tout le reste. Une chute liée à une carence martiale ne se traite pas par une greffe, et greffer sur une alopécie non stabilisée expose à voir la zone voisine continuer de se dégarnir autour du greffon.
L'examen comprend l'interrogatoire, l'analyse du cuir chevelu, l'appréciation de la densité et de la finesse des cheveux, et un bilan biologique lorsqu'il est utile. Le Trichotest est un test complémentaire proposé pour orienter le choix des traitements médicaux ; il aide à la décision, il ne la remplace pas.
Les traitements médicaux de l'alopécie androgénétique ont pour objet de ralentir l'évolution et de soutenir les cheveux encore présents. Ils se prennent dans la durée : leur effet s'estompe à l'arrêt.
Le PRP consiste à prélever le sang du patient, à en concentrer les plaquettes par centrifugation, et à les réinjecter dans le cuir chevelu. Les données publiées sont encourageantes sur la densité, mais restent hétérogènes en niveau de preuve. C'est un traitement d'appoint, proposé en cure, et non un substitut aux traitements validés.
La photobiomodulation par LED du cuir chevelu s'inscrit dans la même logique d'accompagnement. Aucun de ces traitements ne fait repousser un cheveu là où le follicule a disparu.
La technique FUE prélève les follicules un à un dans la couronne occipitale, zone dont les cheveux ne sont pas sensibles aux androgènes, pour les réimplanter dans les zones dégarnies. Elle ne laisse pas de cicatrice linéaire, contrairement au prélèvement par bandelette.
L'intervention se déroule sous anesthésie locale et dure plusieurs heures selon le nombre de greffons. Les cheveux greffés tombent dans les semaines qui suivent : c'est attendu. La repousse s'installe à partir du troisième ou quatrième mois, et l'aspect s'apprécie à un an.
Le capital donneur n'est pas extensible. Ce qui est prélevé ne se reconstitue pas, ce qui impose de raisonner sur l'évolution à venir de l'alopécie et non sur le seul état du jour.
Oui, selon le même principe de prélèvement folliculaire. Les indications diffèrent : sourcils clairsemés par épilations répétées, séquelle de cicatrice ou de traumatisme, barbe irrégulière ou absente par zones.
Ces zones demandent une implantation orientée — un poil de sourcil ne pousse pas dans le même axe qu'un cheveu, et l'angle conditionne le rendu — et les greffons conservent la nature du cheveu dont ils proviennent : ils continuent de pousser et demandent une coupe régulière.
Après une greffe, on observe des croûtes sur les zones prélevée et implantée pendant une semaine environ, un œdème du front possible les premiers jours, une rougeur qui s'estompe progressivement. L'éviction sociale est courte, mais l'exposition solaire, les bains et le sport sont différés selon les consignes remises.
Sont recherchés en consultation : une alopécie non stabilisée ou encore évolutive, une maladie inflammatoire ou cicatricielle du cuir chevelu, des troubles de la coagulation ou un traitement anticoagulant, une pathologie non équilibrée, le tabac, la grossesse et l'allaitement.
Une chute brutale, diffuse, ou accompagnée de signes du cuir chevelu — rougeur, squames, douleur — relève d'un avis médical avant tout projet de greffe.