Toute lésion de la peau du visage n'est pas un sujet d'esthétique. Certaines doivent être retirées, examinées au microscope, et la réparation qui suit engage l'aspect du visage pour longtemps. Chirurgien maxillo-facial, le Dr Alexandra Huart prend en charge ces lésions à Horbourg-Wihr, aux portes de Colmar.
Trois situations principales conduisent à un geste chirurgical sur la peau du visage : une lésion suspecte dont le diagnostic doit être établi, une lésion bénigne gênante par sa taille ou sa localisation, et une cicatrice dont l'aspect ou la souplesse pose problème.
La localisation compte autant que la lésion elle-même. Une même exérèse ne se conduit pas de la même façon sur la joue, sur le nez, sur une paupière ou sur le bord de la lèvre, où quelques millimètres décident du résultat fonctionnel : fermeture de l'œil, continence de la lèvre, passage de l'air.
Le diagnostic d'une lésion cutanée relève du dermatologue. C'est lui qui examine la peau, réalise la dermoscopie et décide de ce qui doit être retiré. Le chirurgien intervient ensuite, sur un diagnostic déjà posé et transmis.
Cette séparation des rôles n'est pas administrative : elle évite qu'une lésion soit retirée sans que sa nature ait été évaluée, et permet de planifier le geste — marges, technique de réparation, nécessité éventuelle d'un second temps — avant d'entrer au bloc.
Toute lésion retirée est adressée en analyse anatomopathologique. Le résultat est communiqué au patient et au dermatologue, et conditionne la suite de la surveillance.
La bouche et les lèvres font partie du champ de la chirurgie maxillo-faciale. Les lésions de la muqueuse — kystes, lésions blanches ou pigmentées, tuméfactions de la lèvre ou de la face interne de la joue — y sont traitées sous anesthésie locale le plus souvent, au cabinet ou au bloc selon leur taille.
La muqueuse buccale cicatrise vite, et généralement mieux que la peau. En revanche, elle est fonctionnelle en permanence : mastication, parole, salive. Les suites immédiates sont donc plus gênantes que douloureuses, avec une alimentation adaptée les premiers jours.
Une cicatrice évolue pendant douze à dix-huit mois. Elle est rouge et ferme les premiers mois, puis s'éclaircit et s'assouplit. C'est la raison pour laquelle une reprise n'est pas envisagée trop tôt : une cicatrice jugée à trois mois ne ressemble pas à ce qu'elle sera à un an.
Deux voies existent, souvent associées. La reprise chirurgicale redessine le tracé, le réoriente dans les lignes naturelles du visage, ou libère une bride qui tire. La radiofréquence fractionnée travaille le relief et la texture sans réintervenir sur le trajet, en plusieurs séances.
Le choix dépend de ce qui gêne : un tracé mal orienté ne se traite pas comme un relief irrégulier. Une cicatrice ne disparaît pas ; l'objectif est qu'elle se voie moins et gêne moins.
Les suites d'une exérèse du visage comportent un œdème et parfois une ecchymose de quelques jours, des fils retirés entre le cinquième et le huitième jour selon la zone, et une cicatrice d'abord visible. La protection solaire stricte de la zone est demandée pendant plusieurs mois : une cicatrice exposée pigmente durablement.
Les points de vigilance habituels sont recherchés en consultation : traitements anticoagulants ou antiagrégants, troubles de la coagulation, tabac, pathologie non stabilisée, antécédents de cicatrisation anormale. Le tabac retarde la cicatrisation et son arrêt est demandé autour de l'intervention.
Une lésion qui change d'aspect, de taille ou de couleur, qui saigne ou ne cicatrise pas, justifie un avis sans attendre — d'abord auprès d'un dermatologue.