L'ovale du visage se relâche avant que la peau ne fasse un excès véritable. C'est la période où des techniques sans chirurgie ont une place — et aussi celle où il faut savoir dire qu'elles n'en ont plus. Le Dr Alexandra Huart reçoit à Horbourg-Wihr, aux portes de Colmar.

Qu'est-ce que le relâchement de l'ovale du visage ?

Le contour de la mâchoire perd sa netteté sous l'effet de trois phénomènes simultanés : la peau perd de son élasticité, les tissus profonds descendent, et les volumes de la partie moyenne du visage diminuent. La bajoue et l'effacement de la ligne mandibulaire en sont la traduction visible.

Cette distinction commande le choix du traitement. Un relâchement débutant, chez une peau encore tonique, ne se traite pas comme un excès cutané installé : dans le premier cas les techniques de retension ont un sens, dans le second elles déçoivent.

Que peuvent les ultrasons focalisés (HIFU) ?

Les ultrasons focalisés déposent de l'énergie en profondeur, à des niveaux choisis, sans traverser la surface de la peau. La chaleur produite provoque une rétraction des tissus et entraîne une réorganisation du collagène dans les mois qui suivent.

L'effet ne s'apprécie donc pas à la sortie de la séance : il s'installe sur deux à trois mois. Il est mesuré, et il n'est pas définitif — un entretien est nécessaire. La séance elle-même n'impose pas d'arrêt d'activité.

Comment agit la radiofréquence micro-aiguilles ?

La radiofréquence fractionnée par micro-aiguilles associe deux actions : la micro-perforation contrôlée de la peau, et la diffusion d'énergie thermique à la profondeur réglée par la longueur des aiguilles. Elle travaille la qualité et la fermeté de la peau davantage que la position des tissus profonds.

Elle se pratique en plusieurs séances espacées, sous anesthésie de contact. Les suites comportent une rougeur et un aspect grillagé pendant quelques jours, avec une protection solaire stricte ensuite.

Quelle place pour les fils tenseurs ?

Les fils tenseurs résorbables sont introduits sous la peau et permettent de repositionner des tissus qui sont descendus. Leur effet est immédiat, à la différence des deux techniques précédentes, mais transitoire : les fils se résorbent en plusieurs mois.

Ils s'adressent à un relâchement modéré, sur des tissus de bonne qualité. Ils ne retirent pas de peau, et c'est leur limite : appliqués à un excès cutané installé, ils créent une tension sans corriger ce qui gêne.

Quelles sont les limites, les suites et les contre-indications ?

Aucune de ces techniques ne remplace un lifting. Lorsque l'excès cutané est installé, seule la chirurgie retire de la peau ; aucun appareil ne le fait. La consultation sert aussi à le dire, et à orienter vers un geste chirurgical lorsque c'est lui qui est indiqué — ou à différer, lorsqu'il est trop tôt pour intervenir.

Les suites communes à ces séances associent rougeur, œdème transitoire, sensibilité de la zone pendant quelques jours. Des ecchymoses sont possibles après la pose de fils.

Sont recherchées en consultation : grossesse et allaitement, infection ou lésion active sur la zone, maladie auto-immune ou inflammatoire évolutive, troubles de la coagulation ou traitement anticoagulant, présence de matériel injecté antérieurement, peau récemment exposée au soleil. Un phototype foncé oriente les réglages.

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